Le magazine antillais de la famille

De Miss Guadeloupe à Miss maman

C’est peut-être l’aventure d’une vie. Pour une femme et pour un homme aussi. Devenir parent : c’est apprendre à aimer quelqu’un qui n’est pas soi, qui pourtant nous ressemble et qui jamais ne nous appartiendra. Sandra Bisson, Miss Guadeloupe 2001 et nouvellement consultante en communication se confie sur son bonheur d’être mère.

Vous voilà mère d’une petite fille âgée de dix mois...
Avoir un enfant est un projet que je ne pouvais concevoir seule. Il faut être deux, je voulais d’un père pour mon enfant et je l’ai trouvé. Je voulais créer une famille et pas seulement avoir un enfant, c’était un projet global. Josette Emmanuel, l’ancienne chaperonne et déléguée de Miss Guadeloupe, que je considère comme une deuxième mère, me disait souvent : “ne cherche pas un mari mais cherche un père.” J’ai trouvé un bon père.

En quoi le père de votre fille est-il un bon père ?
Il a déjà un fils, je l’ai observé dans son rapport à son fils, j’ai vu quel père il était et quel père il pourrait encore être pour notre enfant. Sa première paternité lui a donné une longueur d’avance sur moi. il avait déjà les gestes que je n’avais pas encore acquis. Nos nous partageons les tâches : il change les couches, il donne le lait, il la garde... Je crois que tout cela était déjà en lui avant même de devenir père, il sait naturellement, sans avoir appris, s’occuper d’un enfant.

Racontez-nous votre première rencontre avec votre fille ?
Mon accouchement s’est bien passé, je n’ai pas eu peur. J’ai été émerveillée en la découvrant, je me suis dit ; c’est moi qui ai fait ça ! J’étais bien entourée, le père de ma fille était présent, ma mère a fait le déplace- ment depuis la Guadeloupe, ma sœur qui vit à Paris était aussi là. Dès le premier cri de ce petit être, on devient responsable d’une vie, on devient quelqu’un d’autre, on est une mère. On apprend à observer, à décoder ce qu’elle dit alors qu’elle ne parle pas encore. C’est une relation qui se construit entre nous, je sais parler sa langue. Je sais maintenant reconnaitre quand elle a faim, elle fait des petits bruits qui lui sont propres. Ce matin avant de vous rencontrer, je lui ai cuisiné une purée d’aubergines, elle adore également le fruit à pain. Elle me rend heureuse tous les jours.

Qu’est-ce qu’il y a de moins beau dans votre relation mère-fille ?
J’aurais souhaité l’allaiter plus longtemps mais ma création d’entreprise et l’organisation de Miss Guadeloupe m’en ont empêchée. Je l’ai allaitée exclusivement au sein jusqu’à trois mois puis en alternant sein et biberon. Un bébé c’est aussi des nuits écourtées même si je dois reconnaitre que ma fille m’a quand même épargnée. Elle se rendort assez vite après ses réveils nocturnes, mais tout de même mon rythme de sommeil a été un peu perturbé. on n’est moins libre de ses gestes, il y a une privation de liberté, tout tourne autour d’elle.

On ne s’inquiète que des gens qu’on aime. Devenir mère est-ce développer un amour inquiet ?

On se demande constam- ment est-ce que tout va bien, est-ce qu’elle ne manque de rien. J’ai relu Points forts - de la naissance à 3 ans, un livre de T. Berry Brazelton qui m’a donné des clés sur le sommeil, l’alimentation, le rapport des parents aux enfants... Un chapitre m’a particulièrement intéressée, celui qui concerne les parents qui travaillent beaucoup et voient peu leur enfant dans la journée. J’ai appris qu’il était préférable de ne pas les déranger pour compenser le manque de la journée.

Avez-vousdéjàréfléchi à son éducation ?
Lui dire TA TA TA et NON, ça marche déjà très bien. Elle comprend mes petites colères puis elle sourit. Est-ce sa façon de me faire fondre ou de me dire qu’elle en fera quand même qu’à sa tête ? Nous ferons, son père et moi, de notre mieux pour lui inculquer les valeurs auxquelles nous croyons, nous allons essayer de lui donner un petit peu de tout pour qu’elle puisse
faire ses choix, lui apprendre à ouvrir les yeux sur ce qui l’entoure. Hier elle a marché pieds nus dans l’herbe, ce sont toutes ces découvertes qui vontfaçonnersapersonnalité. Nous allons l’accompagner, voilà ce que sont finalement les parents : des accompagnateurs.

Qu’avez-vousdécou- vert sur vous depuis que vous êtes mère ?

J’oublie que je suis fatiguée, je suis constamment tournée vers les besoins de ma fille. Les enfants réclament une attention permanente à laquelle il faut tout le temps répondre. Ma fille m’impose son rythme et je dois le suivre. Je me découvre plus patiente, plus à l’écoute et moins autocentrée.

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