Le magazine antillais de la famille

Mon copain le chien

dans Ti Moun

Il existe un nombre très importants de races de chiens différentes, et quant au choix d’un nouvel arrivant à quatre pattes, dans le cadre d’une famille avec enfants, on cherche avant tout des races gentilles, douces et inoffensives. C’est peut-être là que se situe la principale erreur, car bien que certaines races de chiens vont de paire avec certains comportements (par exemple la garde chez les chiens de Berger), en raison de la sélection fonctionnelle évoquée précédemment, aucune race n’est significativement différente d’une autre en terme de génétique comportementale. En effet c’est avant tout l’environnement du chien, durant le tout jeune âge (de 0 à 2 mois), qui va conditionner en majeure partie son équilibre comportemental futur. Ainsi, pour partir avec toutes les chances de son côté, il faudrait par exemple que le chiot ait grandi avec ses parents, et tout particulièrement sa mère, que l’environnement de détention soit riche en stimulations (zone urbaine à semi-urbaine avec des bruits, de la circulation, des visites régulières, ...), et que le foyer du chiot avant adoption, soit composé ou fréquenté par des enfants en bas âge, afin que le chien y soit habitué. Et dans le cas où vous seriez amenés à adopter un chiot de moins de 2 mois, il vous appartiendra de lui fournir cet environnement enrichi, qu’il sera préférable également de perpétuer durant toute la jeunesse du chien (à l’exception du contact avec les parents qui peut être rompu dès 2 mois sans conséquences notables). 

Une fois ces premières règles de base mises en pratique, il conviendra alors d’expliquer à vos enfants, et d’autant plus longtemps qu’ils sont jeunes, ce qu’est un chien. Cette explication est par ailleurs très intéressante à avoir avant l’arrivée du chien, afin d’assurer une meilleure écoute de vos enfants. En l’occurrence, ce n’est pas un humain et ce n’est pas une peluche non plus : c’est-à-dire que c’est un être sensible (pas une peluche), mais qui ne va pas exprimer ses sentiments de la même manière que nous (pas un humain). On ne peut donc pas exercer de violence physique, quelle qu’elle soit, et cela inclut notamment les “câlins”, qui sont perçus comme une agression par la majorité des chiens, et non comme une séquence agréable. Il faut aussi leur expliquer les signaux de communication du chien, et tout particulièrement ceux de l’irritation voir de la menace : grognements, oreilles vers l’arrière, poils hérissés, babines retroussées, queue redressée, aboiements en posture haute, ... 

Une règle d’or enfin à destination des parents : ne jamais laisser un enfant en bas âge (moins de 7 ans) avec un chien, seul sans surveillance, même l’espace d’un instant. Non pas que votre chien est susceptible de profiter de votre absence pour attaquer votre enfant, mais plutôt que, comme dans l’extrême majorité des cas, ce dernier interagisse de façon confuse voire violente avec le chien, et conduise à une réaction de défense de celui-ci. 

Vous voilà désormais avec votre tout jeune chiot arrivé au foyer, et vous vous demandez probablement quelles interactions votre ou vos enfants peuvent établir avec leur tout jeune compagnon. Dans le cas d’enfants en bas âge (dès 5 ans), avec la supervision d’un adulte, ou sans cette dernière dans le cas d’enfants plus âgés (plus de 7 ans), le jeu devrait être un élément clé de leurs interactions avec le chien, mais en évitant comme déjà mentionnée la violence physique, cela incluant de “se battre avec le chien” même pour s’amuser, ou des jeux de tractions qui stimulent l’excitabilité du chien, qui peut alors devenir moins délicat dans ses interactions avec les enfants (saute, bouscule, ...).

Mais il faudra aussi imposer aux enfants certaines tâches rébarbatives (ramasser les déjections, brosser, donner à boire, sortir en laisse, ...), afin qu’ils se responsabilisent, et comprennent que leur nouveau compagnon n’est pas qu’un jouet, mais qu’il requiert aussi de l’attention et de l’entretien.

L’histoire d’amitié entre l’homme et le chien, remonte à la nuit des temps. Néanmoins, on sait de manière certaine, que le loup, ancêtre de toutes les races de chiens domestiques actuelles, était un rival, une menace, et même un ennemi. Que s’est-il donc passé pour qu’aujourd’hui, chien rime avec copain ?

Contrairement aux espèces domestiques actuelles, c’est le loup qui a fait le premier pas vers l’homme. Il y a plus de 100 000 ans, les meutes de loups et les hommes n’occupaient pas les mêmes territoires. Mais certains loups se sont intéressés à l’homme à qui ils pouvaient voler de la nourriture. Au cours des millénaires, cette population de loups, plus “sociable” s’est dissociée des autres meutes pour se rapprocher du territoire des hommes. De leur côté, les hommes se sont habitués à leur présence et ont pris conscience de leur utilité pour chasser, garder les troupeaux …

Commence alors une sélection fonctionnelle de ces loups, que nous pourrons appeler “pré-chiens”, qui, partant d’un objectif d’utilisation, va instaurer une relation de coopération étroite entre l’homme et le “pré-chien” à travers les âges, créant, tel un voyage scolaire, une relation d’amitié extraordinaire.

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